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Saint Basile - Les affaires de la Cappadoce |
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Écrit par Prieuré de Nidauzel
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Mercredi, 14 Février 2007 17:53 |
Valens, dans le courant de 371, venait de diviser celle-ci en deux provinces. C'était, en ce moment, la tendance des empereurs, en Occident comme en Orient : Valentinien crée en Gaule une seconde Narbonnaise; probablement la Palestine et d'autres provinces d'Asie furent scindées vers cette époque. Ces remaniements ne pouvaient avoir, au point de vue politique, aucun intérêt; il est probable qu'une pensée fiscale guidait seule, en ceci, les souverains, et que toute augmentation du nombre des provinces se traduisait pour leurs habitants en une aggravation des charges publiques. D'autres mesures arbitraires en étaient aussi la conséquence : comme dans le système fiscal de l'Empire romain la curie des villes, c'est-à-dire la réunion de leurs principaux habitants, était responsable de la levée de l'impôt, il arrivait que, si la ville érigée en métropole d'une circonscription nouvellement créée ne contenait pas de citoyens assez riches pour former une curie solvable, on enlevait sans façon de quelque autre cité une partie de ses curiales, que l'on transplantait, malgré leurs protestations et au préjudice de tous leurs intérêts, dans le nouveau chef-lieu. C'est au moins ce qui se passa à Césarée, quand la Cappadoce eut été partagée en deux provinces, et qu'on voulut faire du bourg presque inconnu de Podande la capitale improvisée de la seconde Cappadoce. Dans leur désolation, les habitants de Césarée se tournèrent vers Basile. L'empereur était alors à Constantinople, se préparant à son voyage d'Asie : ils supplièrent l'évêque d'aller le trouver, et de lui demander le retrait d'une mesure qui ruinait et découronnait leur ville. Basile s'excusa sur sa santé, qui ne lui permettait pas d'entreprendre le voyage, et aussi sur les soins de son gouvernement ecclésiastique, qui aurait à souffrir d'une longue absence; peut-être aussi ce qu'il savait des dispositions de Valens, qui venait de persécuter les catholiques de Constantinople pour les punir d'avoir élu un évêque orthodoxe, lui faisait-il craindre de n'être pas en faveur près du souverain. Mais ses relations, dès lors très étendues, lui permettaient aisément de charger de la cause de Césarée des personnages mieux vus à la cour. Il écrivit à Martinianus, qui tenait le premier rang parmi les habitants de la Cappadoce, et avait libre accès auprès de l'empereur : qu'il se présente lui-même à Valens, et lui parle avec la liberté à laquelle lui donnent droit son âge et ses services; ou, si la vieillesse l'empêche de se rendre à la cour, qu'au moins il appuie par une lettre la requête de ses compatriotes. Un haut fonctionnaire, Aburgius, né à Césarée même, et qui jusqu'à ce jour, comme le lui rappelle Basile, n'a eu qu'à se louer de la fortune, ou plutôt de la Providence, est également intéressé à leur sort. Enfin Basile s'efforce de mettre en mouvement le maître des offices, Sophrone, originaire aussi de la Cappadoce, et le supplie « de prendre en main la cause de la cité, qui se jette à ses genoux. »
{mospagebreak title=Lettres de Basile pour la province} Lettres de Basile pour la province
Les lettres de Basile contiennent d'abord les arguments que le bon sens pouvait opposer à toute pensée de subdivision des provinces. De tels changements, loin de fortifier l'Empire, en diminueront plutôt la vigueur par la destruction de son organisme traditionnel. « Si l'on coupe en deux un bœuf ou un cheval, on n'aura pas deux bœufs ou deux chevaux; mais on aura tué son cheval ou son bœuf. Ce n'est pas le nombre des provinces, c'est leur existence même qui importe. » Surtout Basile insiste sur la ruine et la désolation de Césarée. Il semble que le décret qui partageait la province avait été accompagné tout de suite d'une augmentation d'impôts; car les rues, dit-il, ne retentissent que des cris des agents du fisc et des plaintes des contribuables, que l'on est obligé de battre pour les faire payer. Leur voix éveille seule les échos des portiques abandonnés par la foule. Sans ce bruit, on se croirait dans un désert. Les gymnases sont fermés : la nuit, on n'éclaire plus les rues. Des grands, des riches, des magistrats, une partie s'est enfuie, emmenant femmes, enfants, serviteurs, afin d'éviter l'émigration forcée à Podande; les autres y ont déjà été trainés comme des captifs; un tiers à peine des curiales habite encore Césarée. Le départ de tant de grands, les colonnes de la cité, a amené l'écroulement universel. Des maisons vides, plus de commerce sur le marché, plus de conversations ou de discours au forum, à peine de rares passants dans les rues : on dirait une ville détruite par un tremblement de terre ou par une inondation. {mospagebreak title=morcellement de la province}
Morcellement de la province
On ne sait si les mandataires de l'évêque et du peuple de Césarée firent valoir avec zèle ces arguments; mais ils ne purent empêcher le morcellement de la province. Une seule modification fut vraisemblablement apportée au projet primitif : Tyane semble avoir été substituée, comme métropole de la seconde Cappadoce, au bourg de Podande, ce qui peut-être permit le rapatriement de quelques-uns au moins des curiales de Césarée, puisque Tyane, ville importante, devait déjà posséder une bourgeoisie riche, suffisante pour répondre de l'impôt. {mospagebreak title=Difficultés avec l'Evêque Anthime}
Difficultés avec l'Evêque Anthime
Mais du choix de Tyane allait naître, pour Basile, une nouvelle épreuve. Cette ville avait alors un évêque appelé Anthime, jadis en bon accord avec son supérieur de Césarée, car il avait signé en même temps que lui une lettre adressée aux prélats de l'Occident. Mais Anthime, bien que fort avancé en âge, semble avoir été tout ensemble ambitieux et cupide. Il vit dans la promotion de Tyane au rang de capitale une occasion d'augmenter l'importance de son siège. Il imagina d'en faire la métropole religieuse en même temps que civile de la seconde Cappadoce, et de revendiquer comme suffragants tous les évêchés, jusque-là relevant de Césarée, qui se trouvaient dans cette partie détachée de l'ancienne province. Comme conséquence, il prétendit mettre la main sur ceux des biens et des revenus du siège métropolitain qui étaient répartis dans les limites du nouveau territoire. C'était détruire la stabilité de l'organisation ecclésiastique, en la rendant dépendante des fluctuations administratives. Comme le rappellera, quelques années plus tard, le pape Innocent Ier, « l'Eglise de Dieu ne doit pas suivre les changements opères par la politique, et adopter les divisions ou les honneurs que les souverains ont cru devoir établir dans leur intérêt. » Mais la passion fait facilement litière des principes. Anthime trouva des allies. Parmi les évêques suffragants de Césarée, qui résidaient dans la nouvelle province, tous n'étaient pas encore réconcilies avec Basile. Un grand nombre restaient envieux de son élévation, jaloux de sa supériorité, et se plaisaient même à jeter des doutes sur son orthodoxie, pourtant assez glorieusement prouvée. C'est environ un an après le décret impérial scindant la province, et apparemment quand Valens eut quitté Césarée, que se manifestèrent les prétentions d'Anthime. Aussitôt beaucoup des adversaires plus ou moins cachés de Basile jetèrent le masque, et s'attachèrent à l'évêque de Tyane. Ils se considérèrent comme faisant partie de son synode, répondirent à ses convocations, repoussèrent celles de Basile. Comme l'écrit celui-ci, « dès que la partie de la province où ils habitaient reçut un autre nom, ils s'estimèrent d'un autre pays, d'une autre race, et n'eurent plus de rapports avec nous. » A ces dissidents de parti pris se joignirent sans doute des hommes de bonne foi, qui n'avaient pas su voir le vice de la thèse soutenue par Anthime, et aussi la foule de ceux que charme la nouveauté, et qui se tournent d'instinct vers le soleil levant. Avec l'aide de tout ce monde, Anthime se prépara à lui-même sa province ecclésiastique, séduisant les uns, au besoin déplaçant d'autorité les autres. {mospagebreak title=Anthime brigand...}
Anthime brigand...
Anthime fit plus encore : il se conduisit en vrai brigand. Le monastère de Saint-Oreste, bâti sur une des pentes du Taurus, devait à l'Eglise de Césarée un tribut en argent et en nature. Basile, voulant, en face des prétentions de ses adversaires, affirmer son droit, résolut d'aller en personne percevoir ces redevances. Grégoire, en fidèle ami, l'accompagna. Comme ils revenaient, ramenant un troupeau, et suivis d'une caravane de mules, ils furent assaillis, dans un défilé de la montagne, par une troupe d'hommes armés, que dirigeait Anthime en personne. « Je ne permettrai pas de payer tribut aux hérétiques, » s'écriait celui-ci, joignant à la violence l'injure la plus cruelle et la plus imméritée, et cachant sa cupidité sous le faux prétexte de l'intérêt des âmes et d'un zèle jaloux pour l'orthodoxie. Il fallut employer la force pour se frayer un passage : des hommes aussi pacifiques que Basile et Grégoire furent obligés de prendre part au combat. Il semble qu'une partie des mules resta aux mains des assaillants. On s'étonnera peut-être de l'ardeur mise par Basile, ce pauvre volontaire, qui ne possédait en propre que ses habits et ses livres, à défendre des biens temporels. Il faut se souvenir qu'il ne pouvait en conscience y renoncer, puisque ces biens n'étaient dans ses mains qu'un dépôt. Et l'on ne doit pas oublier qu'à cette époque, où il n'y avait pas de budget des cultes, les Églises, avec leur personnel considérable de prêtres, de clercs, de veuves, de vierges, d'orphelins et de pauvres, ne pouvaient subsister que du revenu de leurs immeubles. Nous verrons bientôt l'immensité des fondations charitables entreprises par Basile : à elles seules elles suffiraient à le justifier de s'être montré le gardien scrupuleux du patrimoine ecclésiastique. {mospagebreak title=Multiplication des évêchés}
Multiplication des évêchés
Ce qui préoccupait Basile, ce n'était pas seulement la diminution des revenus de son Eglise; c'était encore l'amoindrissement du siège de Césarée par suite de la défection de beaucoup de suffragants. Il résolut d'accroître, dans la partie de la Cappadoce qui lui restait, le nombre des évêchés. Cette résolution n'était pas inspirée par une puérile vanité, qui était bien éloignée de l'esprit de Basile; mais, comme les canons des conciles obligeaient les suffragants à se réunir, à des époques périodiques et assez rapprochées, autour du métropolitain de la province, il importait, et pour la dignité du siège, et pour la bonne direction des affaires, que son synode ne fût pas trop réduit. La multiplication des évêchés, dans la partie de la province qui garde le nom de première Cappadoce, eut, selon saint Grégoire, de grands avantages, et pour le bien des âmes, dont elle rapprocha les pasteurs, et pour la conciliation future, dont elle prépara les voies. Cette mesure opportune fit cependant une victime, qui fut Grégoire lui-même. {mospagebreak title=Grégoire, évêque de Sasimes}
Grégoire, évêque de Sasimes
Parmi les localités qu'Anthime disputait à la juridiction de Basile était le bourg de Sasimes. Bien qu'assez distant de Césarée, il paraît avoir eu pour l'Église de cette ville une importance particulière, à cause de sa situation au confluent de plusieurs routes par lesquelles passaient les convois d'animaux ou de denrées qui, de divers côtés, lui étaient envoyés en tribut. Basile comprit Sasimes parmi les évêchés nouveaux qu'il érigea, et ne crut pas trop présumer de l'amitié de Grégoire en l'appelant à en occuper le siège, dont les circonstances faisaient comme une sorte de point stratégique. Quand il prit cette détermination, à laquelle rien n'avait préparé Grégoire, Basile ne se doutait pas du coup qu'il portait à son ami. Peu s'en fallut que l'étroite liaison qui l'unissait à l'ancien compagnon de ses éludes, au cher confident de ses pensées, n'en fut rompue. Pour comprendre la peine que ressentit Grégoire, il faut savoir que ce soudain appel à l'épiscopat était pour lui la brusque fin d'un rêve longtemps caressé. Grégoire, qui préférait à tout la contemplation et la solitude, qui même n'avait naguère reçu la prêtrise que par obéissance pour son père, et presque malgré lui, avait formé le dessein d'embrasser la vie monastique après la mort de ses parents. Voyant Basile, qui savait cela, qui avait approuvé ce dessein, n'en pas tenir compte, et le jeter d'autorité dans une voie nouvelle, contraire à tous ses goûts, Grégoire ne put retenir ses plaintes. Il fut amer jusqu'à l'injustice. Il se crut sacrifié à un intérêt étranger, « emporté par une volonté qui entraîne tout comme un torrent. » Le choix du lieu lui fut particulièrement pénible. A l'en croire, Sasimes est un bourg étroit, sans eaux courantes, sans verdure, traversé par trois routes poudreuses, vulgaire, bruyant, plein de voitures, de chevaux, de voyageurs, d'agents du fisc, ayant une population pauvre et flottante. L'envoyer là, comme une sentinelle avancée, condamnée à une lutte perpétuelle avec Anthime, n'était-ce pas un crime de lèse-amitié ? « Il apprenait enfin à ne plus se fier à un ami, et à mettre sa confiance en Dieu seul. » Le ressentiment, sans doute, ne durera pas, et dans l'âme loyale de Grégoire, l'ancienne amitié pour Basile reviendra bientôt, aussi franche, aussi dévouée, aussi tendre que jamais. Cependant de la blessure il restera toujours un point douloureux. Dix ans plus tard, quand, jouissant enfin de la retraite tant désirée, Grégoire écrira le poème de sa vie, il ne pourra toucher à ce souvenir sans que le flot comprimé de l'ancienne amertume ne jaillisse de nouveau. {mospagebreak title=Le Sacre de Grégoire}
Le Sacre de Grégoire
Grégoire consentit, cependant, à recevoir la consécration épiscopale. L'ascendant qu'avaient sur lui le vieil évêque de Nazianze et Basile triompha de ses résistances. Il inclina la tête sous l'onction sainte, tout en protestant dans son cœur contre ce qu'il estimait une atteinte à sa liberté. Les discours qu'il prononça dans cette occasion solennelle sont curieux à lire. On y trouve un mélange de sentiments contraires. Prêchant à Nazianze, peu de jours après avoir été consacré, devant son père et Basile : « Ce que tu voulais est arrivé, dit-il à ce dernier; tu m'as maintenant en ta dépendance; tu as vaincu celui qui ne devait pas céder.... Je n'ai pas été persuadé, mais contraint. » La vertu de Basile est telle, cependant, qu'à ces reproches à peine voilés le nouvel évêque ne peut s'empêcher de joindre de justes louanges : « Enseigne-moi, s'écrie-t-il, à imiter ta charité pour ton troupeau, ton soin, ton attention, ta sollicitude, tes veilles, la subordination de ton corps à l'esprit, le zèle qui te fait pâlir au service des âmes, le soin avec lequel tu as tempéré ta vivacité de cœur, ta sérénité et ta mansuétude (exemple rare entre tous) dans le maniement des affaires, les combats que tu as livrés pour tes ouailles, les victoires que, par la grâce du Christ, tu as remportées ! » {mospagebreak title=Le déchirement de Grégoire}
Le déchirement de Grégoire
Un autre Grégoire, cependant, le frère de Basile, récemment nommé évêque de Nysse, était arrivé à Nazianze pour consoler et encourager le nouveau prélat. On peut se demander si la démarche était opportune; Grégoire de Nysse, qui avait en toutes choses les intentions les plus pures, se trompa quelquefois par excès de zèle. Grégoire de Nazianze, prêchant devant lui, ne put s'empêcher de faire un parallèle entre les deux frères, et de mettre en pendant la compassion de l'un et ce qui lui paraissait être l'humeur impérieuse de l'autre. Bientôt, cependant, un nouvel incident se produisit. La passion de la solitude fut un instant la plus forte : se dérobant à ses nouveaux devoirs, Grégoire s'enfuit au désert ou se réfugia dans quelque maison de retraite. Son père et Basile eurent beaucoup de peine à le décider au retour. Il revint cependant à Nazianze; dans un discours mélancolique, il y pleura son repos perdu. « Je désirais, dit-il, laisser à d'autres les travaux et les honneurs, les combats et les victoires; je voulais me créer une vie de méditation et de paix, traverser sur une petite barque un étroit océan, me bâtir modestement une petite maison pour l'éternité. » Mais, ajoute-t-il, « l'amitié, d'une part, de l'autre les cheveux blancs de mon père l'ont emporté : cette vieillesse qui touche presque au port, et cette amitié qui est riche en Dieu et qui enrichit les autres de ses dons ! » Aussi, conclut le pieux orateur, « j'abjure désormais toute colère, je regarde d'un œil calme la main qui m'a fait violence, et je souris à l'Esprit; ma poitrine haletante s'apaise; la raison revient; l'amitié, cette flamme qui était assoupie et presque éteinte, se rallume et revit. » Je regrette d'être obligé d'interrompre ces citations; rien autant que ces trois discours ne fait comprendre l'âme délicate, hésitante, prompte à s'éloigner et à revenir, l'âme sainte et douloureuse de Grégoire de Nazianze. Peut-être n'est-il pas de meilleure explication de la conduite de Basile, qui se sentait obligé de suppléer par une volonté ferme à l'indécision de son pieux ami. Accoutumé à tout regarder d'un point de vue supérieur, il ne songea peut-être pas assez à la disproportion qu'il y avait entre le petit siège de Sasimes et le mérite de Grégoire. Ou s'il y songea, ce fut pour dire que « le nouvel évêque ne tirerait aucun lustre de sa résidence, mais au contraire illustrerait celle-ci; car il est d'un homme vraiment grand de n'être pas seulement prêt aux grandes choses, mais de grandir par ses talents celles qui semblent infimes. » Si même Basile manqua en quelque chose aux ménagements que l'extrême sensibilité de son ami eût demandés, ou si Grégoire, de son côté, se froissa ou se découragea avec excès, nous contemplerons d'un œil ému la passagère imperfection mêlée à de si hautes vertus, et nous remercierons Dieu de nous laisser voir en ses saints quelque reste d'humaine faiblesse. Ajoutons, cependant, que l'approbation donnée sans réserves par le vénérable évêque de Nazianze à la conduite de Basile semble propre à disculper celui-ci de tout reproche. {mospagebreak title=Les véléités d'Anthime}
Les véléités d'Anthime
Les évènements se chargèrent, du reste, de tirer d'embarras le nouvel évêque de Sasimes. Il était encore à Nazianze, peu pressé de prendre possession de son siège, quand Anthime, accompagné de quelques-uns de ses suffragants, se rendit dans cette ville. Le prétexte du voyage était une visite au vieux Grégoire ; le but véritable, profiter du mécontentement du fils pour attirer celui-ci à son parti, et s'en faire reconnaître comme métropolitain. A toutes ses avances, Grégoire répondit par un refus formel : Anthime, dépité, le quitta en raillant ce qu'il appelait son « Basilisme. » Une lettre d'Anthime vint bientôt après inviter Grégoire à son synode : ce fut le même refus. Anthime, alors, écrivit qu'il venait de s'emparer « des marais de Sasimes, » malgré les protestations et les défenses de Grégoire. Celui-ci fut probablement heureux de cette occasion de céder à la force : ne pouvant reconquérir à main armée sa ville épiscopale, il demeura à Nazianze, où il accepta d'aider son père comme coadjuteur. Il n'était point allé à Sasimes, et n'avait fait dans cette Église aucun acte de juridiction. Un accord, sur lequel nous n'avons pas de détails se fit peu après entre Anthime et saint Basile. On possède une lettre de celui-ci, adressée au sénat de Tyane et pleine des sentiments les plus conciliants. Saint Basile paraît avoir eu une conférence avec les évêques de la seconde Cappadoce. Il est probable que l'amour de la paix lui fit abandonner beaucoup de ses droits, et tolérer l'état de choses créé par les usurpations d'Anthime. |
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Mise à jour le Lundi, 30 Juillet 2007 07:35 |
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