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"Ne jamais rien demander sinon la sainteté.
Tout accueillir comme une grâce."
Introduction à la doctrine de l'âme PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Prieuré de Nidauzel   
Vendredi, 21 Octobre 2011 06:27

Il faut noter que, chez les païens règne une confusion entre l'image et l'idée. On attribue à l'âme, par l'imagination (projection) les propriétés du souffle matériel mais, par la pensée, on spiritualise ce souffle. Ainsi, inconsciemment, on donne à une même substance les propriétés incompatibles de la matière et de l'esprit, tout du moins chez les épicuriens et les stoïciens.


Les platoniciens mêlaient âme et corps immortelle et incréée au point de les rendre indissociables, cependant parcelle de Dieu, immortelle mais incréée.

Le chaos de la pensée est grand après Aristote et Platon : psyché, âme, principe de vie, et pneuma, esprit ne représentent plus rien de net à la pensée. La philosophie se prend les pieds dans le tapis : cela vient des notions confuses et indécises :

  • au sujet de la distinction entre l'âme de l'homme et celle des bêtes ;
  • sur l'unité de l'âme de l'homme ;
  • sur le rapport du pnenma (pneuma) à la inch (psyché) en chaque homme ;
  • sur le rapport de l'âme individuelle à celle du monde ;
  • sur la nature et l'origine du composé humain.

En absence de toute idée claire sur la Création (origine et finalité) et donc, partant de là, sur l'origine de l'âme, les écoles se diversifient (dualistes, matérialistes, panthéistes...)

La philosophie ne peut apporter que des réponses confuses du fait que les idées au sujet de l'âme sont confuses elles-mêmes. Il manque la lumière de la Révélation pour diriger cette pensée.

Ce n'est donc pas dans la philosophie anté-chrétienne que nous pourrons véritablement trouver une doctrine sûre. Cependant nous devons à celle-ci d'avoir posé et soulevé de nombreuses et bonnes questions. Les premiers chrétiens vont d'ailleurs avoir du mal à s'affranchir des éléments erratiques, mais peu à peu la pensée des Pères va s'élever grâce au Don de l'Esprit.

 

Chez les premiers chrétiens, donc, les lumières permettant peu à peu de clarifier la pensée au sujet de l'âme sont de trois ordres :

  1. L'Ecriture. Mais à défaut d'un enseignement exprès sur ce sujet comme nous l'avons vu précédemment, deux autres lumières seront nécessaires :
  2. Les exigences logiques de la doctrine révélée ;
  3. Les doctrines dogmatiques du péché originel d'une part mais surtout de la prédestination.

Saint Paul insistera sur quatre éléments fondamentaux :

  1. La servitude du péché ;
  2. La lutte intime entre la chair et l'esprit ;
  3. La distinction entre les charnels et les spirituels ;
  4. Notre vie supérieure par l'Esprit Saint.

Mais cela soulevait du coup des problèmes complexes au nombre de trois :

  1. La liberté humaine ;
  2. L'origine de l'âme ;
  3. Son unité dans chaque homme.

Du point de vue de la catéchèse, l'enseignement est sûr et net. Mais lorsqu'on commence à philosopher à partir de ces éléments, la difficulté est bien palpable. Cette difficulté de l'époque apparait avec le parrallèle de Diognète qui, même s'il est difficile à dater, montre des idées sans doute répandues et connues depuis longtemps puisque ces idées sont ici supposées. (Les premières réponses des chercheurs en philosophie seront d'ailleurs analogues à celles de Platon et de ses disciples.)

 

Voici les premiers termes que nous pouvons retirer du parrallèle de Diognète :

  • L'âme :
    • est répandue par tous les membres du corps ;
    • demeure dans le corps mais n'est pas de lui ;
    • est contenue invisible dans le corps visible.
  • La chair :
    • poursuit l'âme ;
    • la hait ;
    • lui fait la guerre sans en être injustement traitée, mais étant seulement empêchée de satisfaire ses convoitises.
  • L'âme, au contraire de la chair :
    • Aime le corps et les membres quoique haïe elle-même par celui-ci ;
    • est enfermée, il est vrai, dans le corps, mais c'est elle qui donne au corps son unité consistante ;
    • immortelle, habite dans une tente mortelle ;
    • maltraitée à l'égard du boire et du manger, s'en trouve d'autant mieux.

Mais tout cela reste une ébauche très incomplète, qui soulève plus de questions qu'elle n'en résoud.

 

Saint Justin va ouvrir véritablement la voie de la recherche, commençant par mettre face à face ses doctrines de platonicien avec leurs incertitudes et les sources que lui apportent le christianisme. La recherche théologique est lancée. Elle va peu à peu se purifier et se détacher des erreurs ou des dérives des philosophies antécédentes pour se rattacher aux sources vivantes de la Foi animée par l'Esprit Saint. Nous allons donc maintenant étudier l'évolution de la pensée de Justin pour commencer, puis d'autres premiers chrétiens après lui.

Mise à jour le Jeudi, 22 Septembre 2011 15:58
 
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