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La retraite de la Semaine Sainte fût, comme chaque année, intense en vie spirituelle et féconde en grâces.
Avant le Concile Vatican II la veillée pascale n'existait plus, elle a été reportée au matin. Cependant, la liturgie selon le rite "extraordinaire" n'interdit pas de faire une veillée pascale et il en était ainsi dans l'Eglise primitive, en ce temps où les baptêmes se faisaient toute la journée du Samedi Saint, avec un dernier enseignement intense avant celui-ci !
Nous avons donc vécu des moments forts, et sans doute celui de l'inauguration du sépulcre fût l'un des plus profonds, des plus émouvants même, d'un point de vue spirituel.
Nous remercions particulièrement la famille Gallet qui, pendant ses retraites au prieuré, a permis de réaliser ce sépulcre en restaurant la toiture d'une toute petite ruine existante. Ainsi avons-nous pu par la même occasion installer un chemin de croix sur le sentier des carriers, un sentier bordé d'orchidées et de précipices... Un sentier rocailleux, sec, rappelant par ses multiples aspects ascétiques et mystiques le chemin du Golgotha... ici il se termine à l'orée des bois, dans le causse, au milieu des chênes, dans une zone encaissée, au sépulcre...

Ainsi, le Christ dans un grand repos des trepassés, du moins en apparence, tel le Lion qui dort les yeux ouverts pour reprendre un symbole sacré que nous retrouvons dans les hymnes grégoriennes, empli notre âme d'amertume pour nos propres péchés, mais aussi de compassion face à un tel Sacrifice. En effet, nous découvrons alors que dans notre vie spirituelle nous partageons à la fois les failles et les forces de chacun des Apôtres : capables de renier et d'aimer, de vendre et de se racheter dans les larmes, de fuir et de se ressaisir, de demander à voir et de croire par la seule présence eucharistique au fond de nous, de tomber souvent et de nous relever avec le Christ, de pleurer avec Marie et d'espérer avec Saint Jean... Et au milieu de toutes ces contradictions nous montons vers le Christ qui nous accueille, nous converti, et nous pardonne. Hier encore, le Jeudi Saint nous comblait de joie débordante, et tout comme les Apôtres nous ne pensions pas au lendemain... à ce si lent demain, mais à ce lendemain où se lève l'aube d'une espérance déjà accomplie en ce jour Eucharistie... Eupharistein.
Puis, dans sa grande beauté, la liturgie du Vendredi Saint laisse déjà entrevoir ce qui vient, la Victoire du Lion, la Victoire du Christ qui n'a pas fermé les yeux sur l'humanité, qui descendit aux enfers ayant déjà tout accordé à celle-ci. Tout est accompli. Tels sont les derniers mots ? Non, tels sont les premiers mots, ou plutôt les premières lueurs d'Espérance soutenue par la Promesse. Le Sacrifice d'un jour donne naissance à l'Eglise pour toujours. Et nous, pécheurs, nous espérons encore en Votre Sainte Miséricorde, car seuls nous ne valons rien. Tout est grâce en Votre grâce, et nous ne sommes que les nids de celle-ci : un amas de branches, de contradictions, de bois sec dans lequel Dieu vient faire sa crèche Eucharistie, son Temple, son lieu où reposer la tête... ce lieu où finallement nous nous laissons couver par Lui... jusqu'à redevenir des arbres verts. C'est la résurrection dans la Résurrection. Sans Dieu, comment pourrions-nous être habités par l'Espérance en ce monde qui vient et qui va vers sa fin ?

Et vous, ô Douce Mère qui êtes notre ambassadrice auprès de votre divin Fils, votre présence nous est si chère et si douce. Comment pourrions-nous, sans votre propre sacrifice, vivre Celui de votre Fils dans sa globalité ? Votre présence au pied de la Sainte Croix renforce en notre âme l'élévation. Sans vous, nous ne pourrions rester debout face à tant de misère dans le monde où nombre de nos frères sont crucifiés sans que nous ne puissions rien faire tout comme vous. Mais nous vous promettons de rester debout et cela sera pour vous une simple consolation. Nous aimerions tant vous aimer autant que nous le voudrions afin d'attirer sur nous un sourire mérité. Mais si vous, ô douce mère, qui n'avez pas commis le péché ni connu la corruption, vous avez pu supporter les si grandes et si lourdes conséquences de nos fautes quotidiennes, alors en vous priant avec force conviction nous recevons de votre tendresse l'élan d'un amour qui nous rend plus fort pour accomplir nos résolutions. Avec vous, ô douce Mère, nous ne sombrerons pas dans le désespoir face à nos multiples manquements ; mais nous savons que vous nous obtiendrez, auprès de votre divin Fils, la nécessaire intercession pour notre propre purification.
Ô Sainte Mère de Dieu, Mère de l'Eglise et Mère de chacun de ses membres, daignez nous accorder votre protection, demeurez auprès de nos anges gardiens, encouragez-les lorsque nous les repoussons par notre ingratitude, renforcez en nous la ferme résolution et la volonté sans faille. Votre Divin Fils nous a prévenu "l'esprit est ardent mais la chair est faible", car tout péché provient de notre nature déréglée par la faute de nos premiers parents. Mais en priant avec vous, nous ne sommes plus seuls, ni dans le jardin de la perdition, ni dans celui de cette vallée de larmes et c'est aussi grâce à vous que Dieu vient à nouveau nous visiter. Nouvelle Eve, intercedez pour nous car en vous écoutant le tentateur ne peut plus nous atteindre. Vous êtes sans faille ô Douce Mère, et nous avons confiance en vous. Aussi, par votre intercession, nous espérons ô douce mère ne porter nos yeux que sur la Volonté de Notre Père et Votre Père, celle que nous a enseigné Notre Seigneur Jésus-Christ, Votre Divin Fils. Donnez-nous de goûter sans cesse au fruit si bon et si doux de la prière et de l'Oraison. Amen. Alléluia !
La nuit et le Jour de Pâques, dans la grande solennité de la Liturgie chantée en Grégorien nous ont véritablement comblé de grâces. Le joyau de l'année se situe dans ce tridiuum pascal. L'Alleluia est paré de merveilleuses pièces Grégoriennes, d'une Préface, d'un Communicantes et du Hanc Igitur dont la beauté, telle une broderie que l'Eglise a conçu avec tant de soin, élève l'âme dans les sommets de la joie et de la reconnaissance pour tant de bonté divine. Ainsi commence déjà l'Octave de Pâques et la montée vers l'Ascension et la Pentecôte...

La chapelle le jour de Pâques.
"Dans la joie de la Résurrection, les cloches sonnèrent dans la nuit pascale sous le souffle du chant du Gloria. Alors, les voiles tombèrent des statues, les fleurs ornèrent l'Autel, symbole du Tombeau du Christ. Oui, le Christ est vraiment ressuscité, et quelle grâce que ce moment offert par la Liturgie qui rend vive notre émotion à l'égard du Christ Ressuscité !"
Photos de l'année

les jardins en cours de restauration en 2005... puis à Pâques... la visite privée de Son Excellence Monseigneur Bernardini venu visiter... la restauration du Sépulcre terminant le chemin de Croix en cours de réalisation.
Notre Seigneur Jésus-Christ
Notre Joie
« Vous êtes maintenant dans la tristesse, mais vous me reverrez et votre coeur se réjouira et personne ne pourra vous ravir cette joie. »
L'idée centrale de ce passage d'Évangile est certainement celui-ci. : « votre tristesse se changera en joie. »
L'idée de joie est exprimée à trois reprises par le Seigneur dans ce court passage.
Elle est affirmée d'ailleurs en d'autres passages d'Evangile. Par exemple toujours dans ce même discours des adieux après la Cène du Jeudi Saint.
Jésus affirma : « Je vous ai dit ces choses pour que ma joie soit en vous et qu'ainsi votre joie soit parfaite. » Jn. 15/11.
Mais avant d'atteindre cette joie débordante, qui ne sera d'ailleurs parfaite qu'au Ciel et qui est l'objet de la vertu surnaturelle d'Espérance, il y a le temps de la tristesse, de l'épreuve, des pleurs.
En effet, selon l'interprétation la plus courante de cet Evangile le temps de la tristesse et des pleurs qu'annonce le Christ, c'est celui qui doit courir depuis l'Ascension jusqu'à la seconde venue du Christ sur la terre.
Mais cette tristesse sera passagère : « un peu de temps » dit-il : Tant que la joie parfaite sera éternelle : « personne ne pourra plus vous enlever cette joie. »
Les paroles de l'Evangile sont applicables en quelque lieu et en quelque siècle où l'on se trouve. C'est à tout chrétien que Jésus adresse ces paroles : « Vous pleurerez et vous gémirez. »
Existe-t'il quelqu'un sur terre qui ne souffre pas sur la terre, au moins un jour ou l'autre ? A toute âme humaine est réservée une Croix, adaptée à ses forces comme le rappelle Saint Paul : « Dieu ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-dessus de vos forces. »
Et ce n'est pas sans raison que la piété chrétienne a appelé cette terre : « une vallée de larmes. »
Il existe, par exemple, la tristesse très réelle du pécheur opprimé par sa conscience, écrasé de se sentir loin de Dieu, dans le vide et la solitude morale : celle de celui qui sait sa vie détruite par un vice.
Tous les hommes ne sont pas pécheurs endurés, grâce à Dieu. Mais tous un jour ou l'autre, se sentent incompris : « tout homme est une île. » : tous sont un jour ou l'autre humiliés, affleurés...
Parfois ils sont outragés, calomniés, persécutés... à l'exemple du Christ.
La plupart rencontrent également des difficultés économiques, pour ne pas parler des misères très réelles ; ils souffrent des maladies, des séparations, de la mort d'êtres chers, etc.
Bref, l'affirmation du divin Maître est parfaitement exacte et les hommes le savent bien : « vous pleurerez et vous gémirez... »
C'est le temps de l'épreuve : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureux en ce monde, mais dans l'autre » disait la Sainte Vierge à Bernadette.
Et cependant à ces causes de souffrances bien certaines, prévues et souvent voulues par Dieu pour notre sanctification (à brebis tondue Dieu mesure le vent) se mêle une véritable joie spirituelle et profonde qui permettait à Saint Paul de dire sans mentir : « Je surabonde de joie au milieu de mes tribulations » (2Cor. 7/4) et Dieu sait s'il en a eues ! Joie qu'il ne faut pas confondre avec les plaisirs matériels de la vie...
Quelle est la cause de cette joie paradoxale ?
Pour nous, comme pour les Apôtres, la cause est Jésus-Christ Lui-même. Quand le Seigneur est mort, les Apôtres furent accablés de crainte et d'une tristesse mortelle. Dés qu'ils l'ont vu ressuscité, ils furent inondés de joie nous dit Saint Jean.
Cinquante jours plus tard, ils furent remplis du Saint Esprit, et donc de l'Esprit de Jésus-Christ Lui-même ; et donc de sa joie divine... les Actes nous l'affirment.
C'est la foi qui leur fait voir constamment Dieu partout, dans leurs frères, les hommes ; et cette vision de foi était plus sûre et plus solide que la vision physique, matérielle de Notre Seigneur avant son Ascension.
Pour nous aussi vaut cette affirmation du Seigneur : « Vous me reverrez et votre coeur se réjouira. »
Il se réjouira notre coeur et sera comblé de consolation au jour du Jugement final, si nous restons bien fidèles à notre Foi, à notre Religion, qui ne peut changer puisqu'elle vient de Dieu.
Mais également dans cette vie, notre âme pourra être dans la joie intérieure, même au milieu des pires tribulations, si elle est bien unie à Jésus qui doit être toute notre Joie et notre unique consolation.
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