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"Ne jamais rien demander sinon la sainteté.
Tout accueillir comme une grâce."
Deuxième partie. Époque patristique et médiévale. Philosophie chrétienne. PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Prieuré de Nidauzel   
Vendredi, 04 Février 2011 12:10

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Souvent aussi, sur les mêmes sujets, la philosophie proposait des solutions parallèles, d'où surgit le problème de leur conciliation. C'est pourquoi, en vertu du besoin d'unité naturel à l'esprit humain, un effort intellectuel devait se produire pour fondre en une seule science ces doctrines nouvelles avec les vérités déjà acquises par la raison: cette science constitue proprement la THÉOLOGIE. Le théologien est donc un croyant qui se sert de la philosophie pour traduire la révélation en formules scientifiques capables d'en éclairer la profondeur et la beauté, pour en montrer la crédibilité, pour la défendre contre les objections, pour en déduire les vérités virtuellement révélées et pour l'organiser en un corps de doctrine.

Mais par le fait même de cette utilisation, la philosophie, sans cesser d'être elle-même, s'est trouvée renouvelée et enrichie; et c'est pour exprimer cet événement historique que l'on parle avec raison de PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE [°295]. Or tous les philosophes chrétiens ont été en même temps théologiens; mais les rapports entre philosophie et théologie n'ont pas toujours eu chez eux, le même caractère. On peut à ce point de vue, distinguer trois périodes:

1) De même que les derniers philosophes païens, tout en restant dans le domaine de la pure raison, étaient avant tout des théologiens et des mystiques, de même les premiers philosophes chrétiens ne distinguent pas nettement la philosophie de la théologie surnaturelle et leur unique science est le fruit d'un effort pour éclairer les vérités dogmatiques par la raison, et pour illuminer les vérités philosophiques par la Foi. Telle est la caractéristique de la première période: celle des PÈRES de l'ÉGLISE.

2) Peu à peu cependant, les vérités connaissables par la seule raison, d'un côté, et les mystères révélés, de l'autre, se dégagent dans leur valeur propre et l'on aboutit au Moyen Âge à une résurrection de la pure philosophie, science naturelle complète et indépendante de droit, dans ses méthodes et dans ses doctrines, quoique, en fait (et pour son avantage), humble servante de la Foi. C'est la SYNTHÈSE SCOLASTIQUE dont l'apogée, au XIIIe siècle, verra fleurir les grands docteurs, philosophes autant que théologiens: saint Thomas d'Aquin, saint Bonaventure, Duns Scot.

3) La période suivante, sans perdre complètement ces précisions, les laissera souvent s'obscurcir par les subtilités des écoles philosophico-théologiques qui se multiplient, symptômes d'une décadence qui se prolongera jusqu'au XVIIe siècle où Descartes inaugurera l'époque moderne.

De là trois périodes dans la philosophie chrétienne:

1re PÉRIODE: Préparation Patristique: IIe - VIIe siècle.
2e PÉRIODE: Synthèse Scolastique: VIIIe - XIIIe siècle.
3e PÉRIODE: Décadence: XIVe - XVIIe siècle.

 

Première période

Première période. Préparation patristique (IIe-VIIe siècle) [°296].

 

§143). La période des Pères est contemporaine de la philosophie mystique: aussi les nombreux et éminents penseurs chrétiens de ce temps font-ils appel, pour remplir leur rôle de théologiens, aux doctrines de Platon et avant tout au NÉOPLATONISME, comme à la philosophie régnante et comme au système qui leur paraissait le plus en harmonie avec le christianisme par son spiritualisme élevé et par sa morale [°297] détachant les âmes du monde sensible pour les conduire à une patrie meilleure.

Au point de vue philosophique cependant, leur oeuvre n'est encore qu'une PRÉPARATION, et même lointaine et indirecte. Leurs écrits étudiés et classés ont suscité et rendu possibles les grandes synthèses théologiques des scolastiques et par le fait, ils ont préparé l'épanouissement de la sagesse rationnelle dont les progrès étaient intimement liés à ceux des exposés dogmatiques.

Or sous ce double aspect, d'assimilation du Néoplatonisme et d'influence sur la philosophie scolastique, saint Augustin tient un rang éminent et synthétise pour ainsi dire tous les penseurs de ce temps. De plus, tandis que chez les autres Pères, à cause de la fusion opérée entre le domaine de la Foi et celui de la raison, il est malaisé d'isoler leur système philosophique, l'oeuvre immense de saint Augustin contient une explication vraiment rationnelle des choses, toute imprégnée sans doute des doctrines de la Foi, mais qui s'en distingue objectivement, de sorte que nous trouvons en lui une première philosophie chrétienne complète et au sens propre. C'est pourquoi, renvoyant pour le reste à la Patrologie, nous résumerons la préparation patristique dans la philosophie augustinienne.

Mise à jour le Vendredi, 04 Février 2011 13:06
 

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