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Aurore de l'hellénisme philosophique.
Introduction : Le problème du devenir.
5.Les premiers sages de la Grèce fondèrent la philosophie vers la fin du VIIe siècle avant Jésus-Christ en renonçant aux explications poétiques et mythologiques telles qu'on les trouvait dans Homère ou Hésiode, pour chercher l'explication rationnelle des choses. Le mouvement prit naissance dans la colonie ionienne d'Asie Mineure, à Milet, grande cité commerçante en relation avec la Chaldée et l'Égypte. C'était une des villes où affluaient le plus de connaissances nouvelles: la géographie,l'astronomie et les autres sciences y étaient en honneur. Les grecs y recueillirent les découvertes des égyptiens et des chaldéens; mais leur originalité fut d'en tirer une explication universelle de la nature.
Lorsqu'après la conquête perse, Milet fut détruite (494), le centre philosophique se transporta en Italie méridionale et en Cicile dont les côtes étaient aussi couvertes de colonies grecques et qu'on appelait pour cela, la Grande Grèce. Vers la fin seulement de cette période, le mouvement atteignit la Grèce continentale.
Le regard des premiers philosophes ne se porte pas sur le monde intérieur de l'âme, mais sur le monde extérieur, sensible [°21]; et dans leur inexpérience, négligeant de sérier les questions, ils se proposent de résoudre l'énigme du monde considéré dans son ensemble: ce sont, comme les appelle Aristote, des physiciens.
Or, ce qui les frappe d'abord, c'est l'incessante évolution de la nature qui se renouvelle constamment comme poussée par une force mystérieuse. Prenant donc comme un fait, le monde existant, ils cherchent à en expliquer les transformations; en d'autres termes, ils ne se posent pas le problème de l'être ou de la création, mais celui du devenir. Problème d'ailleurs fondamental en philosophie. Une solution adéquate exige une métaphysique qui concilie le principe d'identité perçu dans l'être par l'intelligence, avec le fait du mouvement attesté par les sens. Mais cette métaphysique n'est possible qu'après l'étude attentive psychologique et critique de nos facultés de connaissance: aussi la recherche d'une réponse cohérente nous conduit-elle jusqu'à la théorie d'Aristote: l'acte et la puissance.
Les efforts des premiers philosophes nous font assister à la découverte progressive de ce principe fondamental du péripatétisme. D'abord ils posent nettement le problème en insistant sur les deux données par des solutions contradictoires: d'un côté, les ioniens frappés par le fait du changement (attesté par les sens), proposent une solution sensualiste; de l'autre, les éléates fascinés par l'absolu de l'être, proposent une solution rationaliste. Vient alors un essai de conciliation tenté par les atomistes, mais en vain. Découragés par tant d'efforts inutiles, les sophistes abandonneront la spéculation pour l'action et proclameront le scepticisme; cependant on peut appeler leur théorie un nouvel essai de conciliation, non plus au point de vue objectif, ou physique, mais au point de vue subjectif ou psychologique.
Ainsi la première période se présente sous 4 phases:
1. - Solution sensualiste: les ioniens (VIe et début du Ve siècle avant J.-C.) 2. - Solution rationaliste: les éléates (même temps.) 3. - Conciliation physique: l'atomisme (fin du Ve et IVe siècle avant J.-C.) 4. - Conciliation psychologique: le scepticisme (même temps.)
b4) Bibliographie spéciale (sur la première période)
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